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Cadre monobloc Melly®
Les spécialistes de la construction des motos en ont peut-être
rêvé sans trop y croire. Aujourd’hui le rêve devient une
réalité promise à un bel avenir. On la doit à Melly
Technologies, société suisse qui a son siège à Sierre, la cité
industrielle de l’aluminium. Sa vocation ? Proposer des
solutions techniques nouvelles en matière de motocyclisme. Le
tout nouveau Cadre Monobloc Melly® présenté ci-dessous en est
une illustration éloquente.
Melly Technologies SA
On dit que la passion contient un peu d’absolu qui fait qu’il
y a plus que le souci de tous les jours. Ce fut le cas pour
les trois entrepreneurs qui ont uni leur enthousiasme autour
d’un projet ambitieux avec une passion commune : la moto.
Gérard Melly, de Chippis, en est l’ingénieux concepteur et le
responsable technique. Quant à Christian Mayor et Ivan Salamin,
respectivement de Monthey et de Sierre, ils ont apporté à
cette trilogie les compétences et les connaissances dans des
domaines annexes, complémentarité indispensable pour mener à
terme ce projet du cadre monobloc.
Melly Technologies a été fondée en 1999 par ces trois férus de
moto. Gérard Melly en est l’âme. Ancien champion suisse de
moto, détenteur de records de courses de côtes, Gérard Melly a
piloté plusieurs saisons durant, en championnat 750 cm3 du
Continental Circus, en compagnie des Agostini, Sheene, Roberts
senior, Pons, Sarron, Cecotto, Luchinelli, etc. On le retrouve
aussi en endurance, notamment au Bol d’Or. Ayant déposé le
cuir sur le cintre, il ne quitte pas pour autant le milieu de
la moto et devient « team manager » d’Yves Briguet en
championnat d’Europe et du monde des 250 cm3. Fort de 30
années de compétitions au plus haut niveau, Gérard Melly
propose désormais son expérience de la moto au travers de
Melly Technologies. Le résultat en est le Cadre Monobloc
Melly® à cassette de transmission et propulsion indépendante
et interchangeable. Ce cadre monobloc s’inscrit dans la lignée
du « featherbed » des frères McCandless, du cadre treillis de
Lino Tonti ou du cadre poutre de Fritz Egli.

Le Cadre Monobloc Melly®
Ce n’est pas aux amoureux de la moto que l’on apprendra qu’une
des pièces maîtresse de la moto est évidemment le cadre, qui
en est l’âme et l’ossature. Ce cadre a de nombreuses
fonctions : réunir les 2 roues, accueillir le moteur et la
boîte de vitesses et supporter le pilote. Ses contraintes sont
donc multiples. Il doit être rigide et léger, deux qualités
impératives qu’il était jusqu’à ce jour difficile de
concilier. Le concept de Melly Technologies réunit donc les
qualités primordiales du cadre en un seul objet. Et c’est là
que réside l’innovation qui va peut-être créer un renouveau
dans la conception du cadre moto.
Un cadre révolutionnaire ?
L’objectif technologique principal réside dans l’augmentation
de la rigidité de l’ensemble du véhicule tout en diminuant son
poids. Ce résultat est obtenu principalement par la
réalisation dans une masse unique d’aluminium, c'est-à-dire un
bloc, présentant les avantages dominants suivants :
-
La possibilité d’utilisation d’un alliage d’aluminium à très
haute valeur mécanique.
-
Il évite l’assemblage des éléments par soudure, source de
dévaluation importante des valeurs mécaniques de tous
produits métallurgiques.
-
La boîte à vitesse et les éléments de transmission sont
directement intégrés dans le cadre. Cela permet, d’une part
de diminuer les effets parasites créés traditionnellement
par ces éléments et, d’autre part, de rendre leur démontage
et leur remontage faciles et rapides.
-
Le moteur, sans sa boîte de vitesses, est fixé au cadre au
moyen de 4 silent blocs (élément caoutchouc) ; il devient
donc complètement indépendant. Ceci présente à nouveau deux
grands avantages, à savoir : le moteur ne transmet plus ses
vibrations au reste de la moto et il peut être changé en
quelques minutes.
La
difficulté majeure de la réalisation de ce cadre a été, sans
aucun doute, l’usinage de ce bloc d’aluminium de 450 kg qui
remplace entre 25 et 35 pièces traditionnelles soudées,
rapportées et pliées.
Destiné
dans un premier temps à la compétition et actuellement en
phase d’essais, ce prototype moto d’un poids total de 140 kg,
pour une motorisation Polaris de 210 ch, est comparable en
rapport poids/puissance à celui d’une moto de grand prix
actuel.
Quant au design des carénages, réservoir, etc. de la moto, il
est dû à un jeune et prometteur concepteur, Paul-Eric Mariaval,
de Paris, qui travaille actuellement sur un projet automobile
« Amilcar ». Pour en savoir plus, cf. annexe No 1.

Les partenaires
Un tel projet a nécessité aussi un partenariat de confiance
avec les institutions et entreprises suivantes :
Haute école valaisanne, filière mécanique, site de Sion,
qui a eu pour tâche l’optimisation de la géométrie pour
atteindre un poids minimal et une rigidité élevée, garante
d’un bon comportement dynamique et pour éviter les
concentrations de contrainte. Pour ceux qui désirent en savoir
plus, en annexe, un développement sur les recherches et les
travaux effectués par Monsieur le Professeur Michel Dubas, dr
ès sc. techn. EPFZ, et Matteo Mozzini, ing. méc.
HEVs (cf. annexe No 2)
Alcan Aluminium Valais, à Sierre, qui a développé un alliage
spécial pour cette application, permettant d’optimiser à la
fois les valeurs mécaniques, l’usinabilité, la stabilité de
forme à l’usinage et la résistance à la corrosion sous
contrainte.
Alcan CMIC France, à Ozoir-la-Ferrière, dans l’est parisien,
qui a usiné le cadre monobloc dans la masse d’un bloc
d’aluminium de 450 kg à l'aide d'une fraiseuse numérique à
grande vitesse.
C’est donc grâce à la conjugaison du travail de chacun des
partenaires et à leur complémentarité qu’est né le
Cadre Monobloc Melly®

Prochaines étapes
Le prototype de la moto présentée est en phase d’essai sur
circuits de référence et des comparaisons seront ainsi
établies.
La commercialisation du Cadre Monobloc Melly pourrait
intervenir dans un proche avenir. Pour l’instant, ce cadre est
réservé à la compétition. Toutefois, sa variabilité possible
en poids et en taille lui permettra d’être décliné dans
d’autres secteurs en passant de la moto de compétition au
scooter.
Le Cadre Monobloc Melly® devait être inventé. Il l’a été. Et
nous sommes convaincus que les solutions qu’il propose sont
d’avenir.

Petit historique de la moto
Afin de mieux apprécier la nouveauté que représente le Cadre
Monobloc Melly® dans le sport motocycliste, faisons pour le
plaisir un brin d’histoire.
D’aucuns attribuent généralement la conception de la toute
première motocyclette, digne fille du vélocipède à vapeur, à
Louis Guillaume Perreaux, inventeur français prolifique et
génial mais assez méconnu, qui l’aurait créée en 1870. Mais la
première moto considérée comme telle, fut réalisée par
Hildebrand, en 1892 alors que c’est déjà dès 1855 que des
tentatives de motorisation d’une bicyclette avaient été
effectuées. La première moto construite en série fut la
Hildebrand & Wolfmuller et la véritable diffusion survint
grâce aux frères Werner, deux Russes implantés à Paris. En
1897, ils appliquent un moteur à une bicyclette dotée d’une
transmission à courroie sur la roue antérieure. Pour ce
modèle, les deux inventeurs ont déposé le terme
« motocyclette ». C’est finalement en 1901 que la motocyclette
fut opérationnelle.

Historique succinct du cadre moto
Si la Perreaux à vapeur est la plus ancienne moto du monde,
par conséquent l’histoire du cadre moto commence avec elle.
Les cadres motos évoluent parallèlement à ceux des
vélocipèdes. Il faut se replacer un siècle et demi en arrière
pour mieux comprendre la difficulté d’évolution du cadre moto.
En effet, les priorités des inventeurs étaient situées plus
dans le fonctionnement du moteur que dans les pièces annexes.
Si l’on songe à la motocyclettes des frères Werner en 1897,
c’était un vélo auquel on avait ajouté un moteur
que
le vélosolex
a repris.
A partir de 1905, la configuration des cadres s’uniformise. La
partie haute du cadre possède deux tubes superposés, le
réservoir se trouvant entre les deux. C’est la raison pour
laquelle ce type de cadre est appelé
« entre tubes ».
Il faut le reconnaître, il y eut bien des errances et des
pérégrinations durant des décennies où les cadres furent
chaque fois adaptés aux révolutions et aux inventions plus
axées sur le moteur sans qu’il y ait eu une véritable volonté
de recherche à ce niveau-là. Vers 1909, on parle aussi du « cadre-poutre »
qui est composé de tubes de forte section, certainement
surdimensionnés par rapport à la puissance du moteur. Il fait
office de réservoir d’huile et de réservoir d’essence. En
1919, le fabricant britannique A.B.C. commercialise une moto
qui fait figure de véritable révolution. Elle dispose d’un
« flat-twin » longitudinal, mais aussi d’un « cadre à
double berceau » avec une suspension arrière par ressorts
à métal. Il tombera presque dans l’oubli.
En 1920, Cuzeau, pilote français célèbre à son époque, va
réaliser une moto particulière. Les deux tubes traditionnels
enserrant le réservoir ont été remplacés par le réservoir
lui-même. Notons que les tubes du cadre qui y sont rattachés
ne sont pas boulonnés, comme il est de coutume en ces temps
reculés, mais soudés. On peut déjà parler ici du « cadre
mono-coque »
révolutionnaire.
Une des marques certainement la plus prisée des amateurs de
motos anciennes se distingue très nettement par son cadre. La
partie haute, véritable chef-d’œuvre, est constituée d’une
coque en aluminium, incluant le réservoir. Le moteur est
porteur, c’est-à-dire, qu’il est un élément constituant du
cadre. Nous somme en 1929. La Clément-Gladiator va utiliser
l’ancêtre du
« cadre treillis »
de Lino Tonti.
Malgré toutes les recherches et évolutions potentielles citées
ci-dessus, le cadre de la plupart des motos, tant de route que
de compétition, reste proche de celui d’un vélo sans
suspension arrière, tel que celui des pourtant réputées B.S.A.
Gold-Star.
1950 est peut-être une date charnière. Earles est resté
célèbre dans l’histoire de la moto pour sa fourche avant mais
son cadre est surtout remarquable de par le matériau dont il
est constitué : l’aluminium. Entre temps, les constructeurs,
tout au moins pour certains, ont rapidement fait le pas du
cadre à suspension coulissante vers le bras oscillant,
utilisant couramment cette fois-ci des amortisseurs
hydrauliques. Avec un cadre de type
« double berceau ».
les frères Mc Candless sont certainement ceux qui ont le plus
marqué l’histoire de la moto. Ce sont eux qui, pour Norton,
ont inventé le
« cadre featherbed »
(lit de plume). Il est basé sur deux berceaux partant de la
colonne de direction, passant sous le moteur et revenant après
une large boucle à la colonne de direction. Simple mais
initialement conçu pour la compétition (Norton Manx), il sera
rapidement adapté pour les modèles de route. Ce type de cadre
est toujours utilisé sur les routières de type « basique » ou
« custom », soit 50 ans après son invention.
C’est le Suisse Fritz Egli qui va réaliser un cadre
« mono-poutre ».
En 1984, la moto Suzuki GSX-R marque un réel tournant dans
l’histoire de la moto.
En adoptant un cadre en aluminium sur une moto de production,
elle crée un événement qui est à l’origine de divers
développements qui vont enfin entraîner une réelle
modification de l’architecture des cadres. 90 ans se sont
écoulés depuis l’invention des frères Werner.
Il est quelquefois difficile de dater de manière précise les
évolutions du cadre car elles se déroulent souvent sur
plusieurs années et dépendent des constructeurs. Pour établir
ce résumé, nous avons consulté le site internet suivant :
http://perso.wanadoo.fr/moto.histo/C_Ev/C_Ev.htm.
Si l’on admet que la motocyclette fut opérationnelle en 1901,
il aura fallu 102 ans pour arriver à la réalisation du Cadre
Monobloc Melly®
Sierre, le 8 décembre 2003
Dernière mise à jour:
04.10.2005 |